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25.08.2006

La Vierge mise à nue par ses prétendants

Deux critiques qui devaient être publiées ailleurs, avant ...
Tant pis, les voilà :
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La Vierge mise à nu par ses prétendants (Oh! Soo-jung) - Hong Sang-Soo
Coffret : La trilogie Hong Sang-Soo (2005)

Le réalisateur coréen quinquagénaire Hong Sang-Soo réalise en 1998 « Le jour où le cochon est tombé dans le puit ». C'est grâce à ce premier film qu’il va connaître un premier succès. Les critiques cinéma allant dans le sens du réalisateur, celui-ci réalisera deux ans plus tard « Le Pouvoir de la province du Kangwon » qui sera présenté à Cannes dans la section "Un Certain Regard".
C'est cependant en 2000, avec « La Vierge mise à nu par ses prétendants », qu’il va être au bout de seulement trois films reconnu comme un des plus grands réalisateurs de la nouvelle vague coréenne.
L’histoire de La vierge mise à nu est celle de Soo-Jung, une jeune fille de 24 ans, assistante vidéo pour Young-Soo, cinéaste indépendant . Celui-ci, plus âgé qu'elle, retrouve Jae-Hoon, un ancien camarade de lycée qui s'est enrichi en tenant une galerie d'art. Ce dernier succombe aussitôt au charme de Soo-Jung, malgré le total effacement de celle-ci. Une liaison s'installe entre eux, mais la jeune femme, toujours vierge, refuse l'acte sexuel au grand désarroi de son soupirant.
Young-Soo est également attiré par sa collaboratrice...
Si le succès de « La vierge mise à nue » est tel, c’est avec raison, car celui que l’on a comparé à son compatriote Haou siao-Sien érige en principe la technique de captation des petits actes quotidiens pour mieux parler du temps présent qui nous échappe. Les films d’Hong Sang-Soo ont cette atmosphère particulière que l’on peut aussi retrouver dans certains films japonais comme ceux d’Imamura par exemple (cf « L’eau tiède sous un pont rouge »), bien que Hong Sang-Soo libère d’avantage la psychologie des personnages, en utilisant une méthode personnelle assez risquée permettant aux acteurs d’improviser leur rôles. Ceux-ci ont en effet comme conseil de ne pas trop lire le scénario, qui évolue d’ailleurs au cours du tournage, suivant les surprises de la vie quotidienne.

Cette technique peu courante associée à un cinéma moderne et que l’on peut juger excessive et dérangeante apporte néanmoins une touche et une ambiance très particulières qui font le charme de ce genre de production. Le principe de mise en abyme, consistant par exemple à filmer deux fois les mêmes scènes, mais vécues de façon différente (par chacun des deux protagonistes) déroute un moment, et plonge le film dans une atmosphère très fantasmatique, mais l’illusion est de courte durée car l’on saisit en fin de compte, (et après visionnage du documentaire accompagnant cette très bonne édition DVD) l’intérêt d’une telle démarche.
De plus, les acteurs, livrés à eux-mêmes délivrent un jeu d’un réalisme remarquable qui rajoute à cette photographie du quotidien. Sungkeun a d’ailleurs accepté de jouer saoûl afin de donner davantage de véracité à une scène d’anniversaire…
D’après Hon Sang-Soo, : « une identitée (…) se construit par la mémoire ; sur notre mémoire. Pleins de sentiments étranges dérivent de cette question qu’on n’identifie pas vraiment. Quelques fois, insister sur des détails peut prêter à rire, mais cela montre autrement la vie de tous les jours »

« La Vierge mise à nu » est donc un film déroutant, mais aussi et surtout une ode à l’instant, aux actes quotidiens, à la séduction et au désir refoulé. C’est ce qui en fait une œuvre à part et un chef-d’œuvre du réalisateur.
La réception plus réservée de son dernier film « Contes de cinéma » met néanmoins un bémol à ce début de carrière enthousiaste.

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